La vie au poste

Un des principaux points relevés par l'Association Des Audionautes tient à ce que les gens mis en garde à vue par les forces de l'ordre n'ont habituellement jamais eu affaire avec la justice et qu'ils ne se considèrent eux-mêmes pas comme des délinquants. Ils sont donc particulièrement fragiles et faciles à manipuler, finissant souvent par « craquer » pendant les gardes à vues, racontant plus ou moins n'importe quoi afin de pouvoir sortir le plus rapidement possible.

Un des prévenus défendus par l'association a eu la gentillesse de bien vouloir rédiger ce petit texte, pour que ceux qui sont convoqués et qui n'osent pas nous contacter aient une idée sur le déroulement de ces séances et la façon de réagir. Nous l'avons simplement anonymisé. Nous vous proposons de lire ensuite la page « Prévention » où nous avons mis quelques conseils simples en cas de mise en garde à vue.

Comment réagir à sa mise en garde à vue ?

Prenons le témoignage d'un internaute interrogé par la police :

« J'ai eu deux gardes à vue... Tout d'abord immédiatement à la suite de la perquisition de mon domicile, puis également suite à une convocation a la gendarmerie pour complément d'enquête.

Dans les deux cas, on signe un registre de garde à vue et on nous demande si on veut consulter un avocat, un médecin ou prévenir un proche...

Ensuite je dirais qu'il y a deux phases dans la garde à vue : la période d'audition et la période de repos (c'est a dire la cellule en fait).

Pour la durée, la première fois, je suis resté un lundi de 9h15 à 19h30, la seconde, un jeudi de 7h15 à 13h15.

À midi on vous demande si vous avez de l'argent pour vous acheter a manger, mais sinon on ne vous offre que de l'eau et c'est tout.

La cellule et le pire des moments et cela vous marque a vie...imaginez une cellule ou lorsque je tends les deux bras, on touche les murs qui vous entourent ! Du ciment partout, des couvertures et des murs avec du sang.

Et un WC des années préhistoriques!

Bref, lors d'une garde à vue on vous interroge, on vous rabaisse, vous déstabilise etc...

Mais il faut tenir bon... même si c'est dur. Tout ce qu'on reconnaît ressortira le jour de votre procès ! Il ne faut pas se laisser impressionner, il faut résister et refuser de raconter n'importe quoi !

Après l'audition, les policiers écrivent un papier dit « procès verbal ».

On signe et on attend encore que les forces de l'ordre appellent le procureur et lui fassent part des faits. C'est lui seul qui décide de votre libération ou prolongation de garde à vue pour complément... Je peux vous dire que c'est horrible d'attendre dans sa cellule le résultat ! Car on est toujours dans le doute. Et même pour téléchargement de divx, on est considéré comme un criminel. Seulement il faut tenir bon et se dire qu'au maximum, ça va durer deux jours.

La première fois, j'avais craqué et dit des choses défavorables... la deuxième fois j'en avais parlé avec l'association et ça allait mieux, j'ai fait attention à ce que je disais et j'ai réussi à dire non et non, ça vous ne l'écrivez pas... »