Nos Moyens d'Actions
L'action de l'Association des Audionautes s'articule autour de trois grands pôles d'action : la sensibilisation du grand public, le lobbying, et la défense des personnes attaqués.
I. La sensibilisation du grand public :
Nous avons fait de la sensibilisation du grand public un de nos objectifs les plus importants. Parce qu'en France, le nombre d'internautes augmente rapidement et que la plupart des internautes ont au moins téléchargé une fois un fichier protégé par le droit d'auteur, il nous semble important que les gens sachent qu'en téléchargeant de la musique ou un film, ils n'enfreignent pas la loi française et qu'ils ne causent pas tous les problèmes économiques de l'industrie culturelle.
1.1 La sensibilisation de masse :
En effet, depuis la création de l'ADA à la rentrée 2004, nous nous sommes efforcés, avec plus ou moins de succès, de faire passer ce message par la voie des « grands médias » (presse écrite, radio, télévision...), afin de pouvoir toucher en quelques secondes plusieurs centaines de milliers de foyers. Même si ce mode de communication présente de nombreux inconvénient (pas de dialogue possible avec les téléspectateurs par exemple, temps de parole très limité dans les émissions télévisuelles...), il permet de faire passer un message bref et aussi clair que possible aux personnes et il nous a permis de représenter le point de vue des consommateurs, alors que jusque là, seul le point de vue de l'industrie musicale était évoqué.
1.2 Les conférences & débats :
Dès le premier jour, il nous a paru important d'instaurer des débats sur le sujet du téléchargement. Nous intervenons donc régulièrement dans des conférences, des débats, organisés par des mouvements politiques, des associations... La prise de parole dans de tels lieux est pour nous très importante, car elle nous permet de développer nos arguments, de rencontrer des gens qui, pour la plupart, seraient démunis en cas de poursuites judiciaires, et de faire passer notre point de vue à un nombre de personnes certes limité, mais intéressés par ce sujet.
1.3 Notre site Internet :
Notre site Internet est le seul espace de diffusion de l'information que nous possédons. Nous nous efforçons de l'améliorer constamment, de le mettre à jour le plus souvent possible. Dessus, nous tentons de regrouper tous les documents que nous produisons, tous nos argument, positions et propositions. Nous faisons tout particulièrement attention à diffuser l'actualité du milieu P2P (cela se fait dans la rubrique « actualités »), et à instaurer un dialogue avec les visiteurs (le forum). Le site permet aussi aux personnes intéressées par nos actions d'adhérer en ligne à l'association et surtout de pouvoir aider les 110 internautes français attaqués en justice via la rubrique « faire un don » : cela permet de financer une meilleur défense aux personnes pour créer une jurisprudence favorable à l'ensemble des internautes.
II. Nos opérations de lobbying :
2.1 Auprès des politiques :
Le lobbying auprès des politiques est très important. Il a pour but de faire savoir à nos représentants tout d'abord que nous existons, et ensuite que nous avons des revendications. En effet, nous partons du principe que nous avons notre mot à dire dans le « problème P2P » actuel, et que nous devons être consultés et écoutés, ce qui n'était encore pas le cas récemment.
2.2 Auprès des industries culturelles :
Le lobbying auprès des industries culturelles n'existe pas réellement. Nous avons pris contact avec plusieurs syndicats représentants les industriels (SNEP, SCPP, ALPA...), qui, pour certains nous ont reçus, afin de nous faire connaître de ce « milieu » et tenter d'instaurer un dialogue plus ou moins constructif, étant donné que jusqu'à présent, tout le monde est resté sur ses positions.
2.3 Auprès des artistes :
Selon nous, les artistes sont tout aussi impliqués dans le « problème P2P » que les consommateurs. Il nous paraît donc important que les artistes (par le biais d'associations représentatives) expriment leur opinion sur le téléchargement. Plusieurs associations d'artistes nous ont contactés, afin de débattre ensemble, et de trouver des solutions. Nous sommes très attachés à la communication avec les artistes (ADAMI, SACEM, SPEDIDAM...) et entretenons des rapports réguliers avec plusieurs de ces associations.
III. L'aide aux personnes attaquées :
3.1 Le soutien « moral » :
Lorsque une personne qui mène une vie tranquille, qui a une femme, des enfants parfois, et qui n'a jamais eu de problèmes avec la justice se retrouve du jour au lendemain en garde à vue pendant 10 heures, entourée de criminels, et à qui on annonce que son seul « crime » a été de télécharger de la musique ou des films sur Internet, il est évident que cette personne se pose un certain nombre de questions, et que son moral est au plus bas.
Nous avons reçus des dizaines d'appels de personnes ayant vécu un scénario comme celui-ci, et qui se retrouvent totalement démunies. Nous mettons donc l'accent, avant de passer à l'aide purement juridique, à tenter de rassurer ces personnes, en leur expliquant que télécharger un film ou une musique, ce n'est évidemment pas comme de braquer une banque, à les rassurer sur leur avenir...
Cette étape est très importante dans la prise de contact entre les personnes attaquées et l'association.
3.2 Les conseils juridiques :
La seconde étape est de conseiller au mieux ces personnes, de leur expliquer la procédure qui va suivre, de recueillir un maximum d'informations sur leur situation et de connaître le bilan de la garde à vue. Cette étape, généralement fastidieuse pour les personnes qui doivent se remémorer la perquisition, la garde à vue (qui sont généralement d'assez mauvais souvenirs), est cependant indispensable. Elle est effectuée par un des juristes de l'association, le plus souvent par téléphone.
De cette discussion, le juriste donne les premiers conseils à la personne, et, éventuellement, si la personne n'a pas d'avocats, lui conseille un des avocats de l'association, qui sont spécialisés en droit de la propriété intellectuelle.
3.3 La défense juridique :
La défense juridique proprement dite n'est pas gérée par l'association. C'est l'avocat que la personne a choisi, qui en est chargé. L'association n'est pas mise au courant par l'avocat de la procédure. Seule la personne accusée peut choisir de nous tenir au courant de l'état de la procédure, et ceci n'est nullement obligatoire.
Il faut aussi préciser que si les conseils juridiques sont bien entendus gratuits, les avocats eux, sont rémunérés (le contraire étant de tout de façon interdit par la Loi).